
Mickaël Goujon a installé son entreprise Zeyox 3D, pour l'impression 3D, dans les locaux situés à la salle des Forges de Bourbriac, près de Guingamp (Côtes-d'Armor).
L’impression 3D, tout le monde en a entendu parler, mais comment ça fonctionne, et, surtout, à quoi ça sert.
Trois ans après avoir commencé à s’intéresser au sujet, Mickaël Goujon est devenu un spécialiste et a monté son entreprise qu’il vient d’installer, en dessous de la salle des Forges, à Bourbriac, près de Guingamp, dans les Côtes-d’Armor.
« Au printemps 2020, je me suis retrouvé confiné, comme tout le monde, et pour m’occuper, je suis allé sur TitkTok et j’ai commencé à suivre les personnes qui parlaient de 3D, avant de publier, moi-même, sur ce sujet. »
Une première imprimante en 2020
Mickaël s’est rapidement pris au jeu : « J’ai attrapé le virus de la 3D et j’ai appris la modélisation en autodidacte ; en juin 2020, j’ai acheté ma première imprimante 3D. »
Aujourd’hui, l’autodidacte compte près de 300 000 abonnés sur son compte TikTok dédié à l’impression 3D, 15 000 abonnés sur sa chaîne YouTube où il parle bricolage, et possède une bonne dizaine d’imprimantes 3D qui tourne en permanence dans sa « ruche ».,
En effet, imprimer une pièce en 3D est un processus lent qui se fait couche par couche, à partir d’un filament de plastique ou de matériau composite en fusion, et l’impression d’un petit objet de la taille d’une clé de voiture peut prendre plus d’une demi-heure.
Modélisation 3DPendant que ses machines effectuent leur travail de fourmis, Mickaël se consacre à ses deux autres activités : la modélisation et les réseaux sociaux. « Pour effectuer une impression 3D, il faut d’abord modéliser la pièce », explique Mickaël, en nous montrant un guide en plastique qu’il vient d’imprimer pour une porte coulissante.
« Je prends les cotes de l’objet avec un pied à coulisse et je reconstruis l’objet en 3D, à l’aide d’un logiciel spécialisé. » Selon la complexité de la pièce, l’opération de modélisation peut être longue et fera grimper le montant de la facture. Mais, une fois le travail terminé, le client est propriétaire du fichier 3D. «
» Pour les pièces complexes, l’idéal serait d’avoir un scanner 3D », avoue Mickaël, « mais pour avoir une machine performante, il faut compter autour de 60 000 € ». Beaucoup trop cher pour le micro-entrepreneur.
Un bouton de cuisinièreOutre le tirage de figurines : dragons, vaisseaux de Starwars, fusée de Tintin…, l’activité de Zeyox 3D concerne la refabrication et le prototypage.
Vous avez perdu ou cassé un bouton de cuisinière, le capuchon d’un vieil objectif ou un coulisseau de tiroir ? Mickaël peut le refabriquer.
En pratique, il n’y a pas de limite, si ce n’est le temps qu’il passera à modéliser la pièce et la dimension de celle-ci : « pour les pièces mécaniques, je suis limité à 18 x 18 x 18 cm et, pour les figurines, à 32 x 32 x 32 cm », poursuit Mickaël.
« Je n’utilise pas les mêmes filaments pour imprimer une figurine et pour imprimer une pièce soumise à des contraintes mécaniques et tous les filaments ne sont exploitables avec toutes les machines. »
Du fil de débroussailleuseDans sa réserve, Mickaël nous montre ses bobines de filaments de toutes les couleurs ; de loin, on dirait du fil pour débroussailleuses.
« On peut effectivement imprimer avec du fil de débroussailleuse », note le spécialiste, « j’ai même fait une vidéo pour TikTok ». Mais, parmi ces bobines, il y a aussi des filaments plus techniques, utilisés pour des pièces mécaniques. « Pour ces filaments spéciaux, je me fournis chez Nanovia, à Louargat. »
Mickaël fait également du recyclage ; dans son atelier, une curieuse machine découpe une bouteille d’eau minérale en une fine bandelette qui est extrudée pour former un filament.
Côté prototypage, tout est permis aussi : vous avez imaginé un outil révolutionnaire et vous souhaitez en faire un prototype avant de trouver un industriel qui s’occupera de la fabrication en série ? Zeyox 3D peut imprimer ce prototype.
Exemple, cette poignée à cabas qui ressemble à un coup de poing américain, que Mickaël a imaginé et imprimé en 3D, ou cet enroule-sangle qui s’adapte à une perceuse…
Travailler avec des professionnels
Pour l’avenir, Mickaël n’envisage pas d’abandonner TikTok et YouTube qui lui garantissent une partie de son salaire, mais il souhaite aussi développer son activité d’impression 3D et de modélisation.
« J’aimerais développer une clientèle professionnelle, notamment dans l’agro-alimentaire. Il y a beaucoup de pièces à remplacer ou à adapter. Mais, pour ça, il faudra que je passe en Sarl. »
Contact : Zeyox 3D – Modélisation et Impression 3D. Mickaël Goujon, Tél. : 06 67 37 29 96. TikTok : Zenon 3 D. YouTube : Zenon zenonSource actu.fr