Après PRISM, pourra-t-on encore faire confiance au logiciel ?

NSA« Les logiciels contrôlent des systèmes critiques pour notre sécurité, nos entreprises, pour nos vies même, et cela chaque année davantage. On savait qu’ils avaient des bugs, on sait maintenant qu’ils ont aussi parfois des failles introduites par leurs programmeurs, sous la contrainte. La confiance est brisée. Contrôler le logiciel qui nous contrôle, c’est l’une des finalités du logiciel libre.

PRISM et les grands du logiciel

Ce qui ressort de l’affaire Snowden, c’est que la NSA peut aller trouver n’importe quelle entreprise américaine, lui donner ordre de livrer ses données ou d’insérer des failles dans ses logiciels. L’entreprise obtempère, et ne peut en rien dire. Il est donc impossible de connaître l’étendue de ces agissements, et combien de logiciels ont ainsi été rendus exploitables. Et il est probable que d’autres démocraties ont les mêmes pratiques.

PRISM fera du tort aux géants américains de l’Internet. Ils nient parce qu’ils sont tenus de nier : comme le disait Mme Mayer, PDG de Yahoo, un dirigeant qui dirait l’étendue de ce qu’il fournit à la NSA risquerait la prison.

On pourrait même les plaindre, ils n’apprécient sûrement pas ces injonctions des services secrets, dommageables pour leur réputation et plus graves, pour leur chiffre d’affaires.

Il y a quelques années encore, à celui qui aurait suggéré que peut-être de grands logiciels largement utilisés, pourraient avoir des portes dérobées insérées à des fins d’espionnage, on aurait répondu : « Tu délires ! Les entreprises auraient bien trop à perdre, elles ne prendraient pas un tel risque ». Mais il ne s’agit pas d’intérêt économique rationnel : les injonctions sont contraignantes, les entreprises doivent s’y soumettre, puis ne jamais le reconnaître. »

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