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Auteur Fil de discussion: Présentation et histoire de MS-DOS de Microsoft  (Lu 3632 fois)
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« le: Octobre 28, 2007, 06:41:06 »

Son origine remonte à 1981, lors du lancement du PC (Personal Computer) par IBM. La société avait demandé à Digital Research, créateur de CP/M qui dominait le marché à l'époque, de porter son système sur le PC, mais devant le peu d'empressement de son directeur Gary Kildall, elle s'était adressée également à Microsoft (une autre version circule selon laquelle Kildall se serait fait purement et simplement « doubler » par Gates !).

Microsoft était réputé pour ses réalisations d'interpréteurs BASIC, mais n'avait rien dans ses cartons pour écrire rapidement un DOS. Elle porte alors son choix sur le en:QDOS (pour « Quick and Dirty Operating System ») créée par une petite firme de Seattle, qu'elle lui rachète pour quelques milliers de dollars et améliore petit à petit.

La version vendue à IBM s'appelera PC-DOS. Elle ne diffère de la version distribuée par Microsoft que par deux choses, dont les plus importantes sont juste que

les fichiers IBMBIO.COM et IBMDOS.COM se nomment IO.SYS et MSDOS.SYS sur la version Microsoft. Par conséquent, la botte secrète d'IBM, le défragmenteur de disquette DVOO, ne marchera que sur les systèmes IBM, puisque tant IBMBIO.COM que IO.SYS doivent être en première position sur la disquette pour que celle-ci soit bootable. Cependant, les disquettes (de 5"1/4) sont si lentes que DVOO lui-même ne sera jamais commercialisé.
l'interpréteur BASIC nommé simplement BASIC sur IBM se nomme GWBASIC sur la version Microsoft. Il existe alors un troisième interpréteur BASIC : celui qui se trouve en ROM et qui prend automatiquement la main si le PC ne trouve pas de disquette sur laquelle booter.
IBM commercialisera le PC à parité avec trois systèmes d'exploitation (tous trois payants) au choix de l'utilisateur :

PC-DOS
CP/M 86 (qui restera toujours marginal sur le PC, comme sur le Visiotexte)
PC/IX, une sorte de clone d'UNIX, malheureusement trop lourd en ressources pour le processeur Intel 8086.
Par la suite, PC-DOS faisant plus de 2/3 des ventes de système pour PC à lui seul, Microsoft demanda et obtint qu'il soit facturé d'emblée avec chaque PC vendu. La « taxe Microsoft » était créée.

MS-DOS est longtemps resté la base des systèmes d'exploitation grand public de Microsoft, bien que l'installation de Windows en modifie in-situ des portions de plus en plus grandes. En 1995, date d'apparition de Windows 95 il perdit en théorie son statut de système d'exploitation. Mais en réalité, l'interface graphique était simplement lancée par-dessus le DOS directement au démarrage. MS-DOS est resté une sous-couche des versions grand-public de Windows (comme Windows 98 et Me) jusqu'à l'avènement de Windows XP qui marque son abandon réel par Microsoft au profit du système NT. Le DOS en était alors à sa version 7.

Les versions récentes de Windows possèdent toujours une « invite de commande » (command prompt), dont les commandes sont héritées de celles de MS-DOS et qui permet d'exécuter des programmes Windows en mode texte, ainsi que des programmes MS-DOS grâce à un émulateur intégré. Cependant, cet interpréteur (cmd.exe) n'est pas celui de MS-DOS à proprement parler (command.com), et certains anciens programmes DOS ne peuvent s'exécuter dans ce mode.

MS-DOS n'étant plus supporté par Microsoft, un autre DOS a été développé, il s'agit de FreeDOS, un logiciel libre. IBM, pour sa part, dispose d'un DOS 7, qui sait lire des fichiers FAT32 et lui est utile pour certains travaux ponctuels.

Un autre DOS ayant existé est DR-DOS, l'héritier de CP/M distribué par Digital Resarch, qui fut ensuite racheté par Novell. Plusieurs versions de Windows étaient toutefois programmées pour détecter le DR-DOS et émettre un grand nombre de messages d'erreurs inquiétants (comme : « La table xxx ne se trouve pas à la bonne place en mémoire ») qui finirent par atteindre leur but, qui était d'en détourner le possesseur de PC.


Chronologie

DOS 1.00 : 1981, il occupe 11 Ko en mémoire et ne gère que des disquettes à simple face de 160 Ko
DOS 1.10 : 1982
DOS 1.25 : 1982
DOS 2.00 : 1983, version pour les PC XT, il occupe 40 Ko, et sait gérer les disquettes 5"25 double face de 360 Ko et les disques durs de 15 Mo maximum. Il utilise un système de fichiers en FAT12
DOS 2.01 : 1983
DOS 2.1 : 1983
DOS 2.11 : 1983
DOS 2.25 : 1983
DOS 3.00 : 1984, version pour le PC AT, occupe 60 Ko, il gère les disquettes 5"25 de 1,2 Mo et disques durs de 32 Mo, FAT16, il supporte aussi une horloge CMOS.
DOS 3.10 : version supportant le réseau
DOS 3.20 : 1986, version supportant les disquettes 3"5 de 720 Ko
DOS 3.30 : 1987, version supportant les disquettes 3"5 de 1,44 Mo
DOS 4.00 : 1988, il occupe 110 Ko de RAM, offre une interface graphique (le Shell) et gère les disques et fichiers supérieurs à 32 Mo grâce à la FAT16.
MS-DOS 4.01 : version déboguée
MS-DOS 5.00 : 1991, version gérant la mémoire haute, et qui permet de faire des menus de démarrage
MS-DOS 6.00 : 1993, version intégrant un anti-virus, un outil de vérification de système de fichiers, ScanDisk, et un logiciel de compression, DoubleSpace.
MS-DOS 6.20 : novembre 1993, version déboguée
MS-DOS 6.21 : février 1994, suppression de DoubleSpace suite à une plainte pour violation de brevet de la part Stac Electronics, éditeur d'un logiciel concurrent, Stacker.
MS-DOS 6.22 : juin 1994, DoubleSpace est remplacé par DriveSpace, logiciel compatible sans le problème de brevet. C'est la dernière version autonome de MS-DOS.
MS-DOS 7 : 1995, le DOS de Windows 95.
MS-DOS 7.1 : 1996, le DOS de Windows 95B et C et de Windows 98.
MS-DOS 8 : 2000, dernière version de MS-DOS.Il est intégré a Windows ME.

Caractéristiques

MS-DOS est un système d'exploitation pour plate-formes Intel 8086. Malgré l'évolution des possibilités de la plate-forme Intel au cours des années vers le mode protégé (Intel 80286) et 32 bits (Intel 80386), MS-DOS est resté un système d'exploitation 16 bits en mode réel.

Le système de fichiers est FAT (File Allocation Table) dans ses diverses versions : FAT12 (disquettes uniquement), FAT16, FAT32. Hors de Windows 95 et ultérieurs, les noms de fichiers sont limités à 8 caractères, plus 3 pour l'extension, sans distinction de la casse.

Du point de vue utilisateur, MS-DOS se caractérise par une interface texte en ligne de commande gérée par le programme COMMAND.COM. L'utilisateur entre une commande au clavier, puis éventuellement des paramètres séparés par des espaces, puis valide la commande par l'appui de la touche Entrer.

Les programmes peuvent fournir des informations à l'utilisateur en affichant des textes qui font défiler l'écran vers le haut.

L'invite de commande (prompt) configurable apparaît à chaque début de ligne et renseigne l'utilisateur sur des informations telles que le disque et le répertoire courants, mais aussi sur la date ou l'heure.

Exemple d'un prompt standard avec comme répertoire courant jeux et sous-répertoire tetris sur un disque C:

C:\JEUX\TETRIS>
Le séparateur de répertoire est le \ à la place du / d'UNIX pour deux raisons

Ce choix évite une accusation de plagiat (!). Une variable d'environnement permet de le remplacer par le / dans les premières versions; cependant, presque aucun logiciel ne testant la valeur de cette variable, DOS finira par l'abandonner.
Le / avait déjà un usage qui était celui de servir de marqueur d'option (exemple : DIR /P).
MS-DOS permet également d'utiliser des fichiers de commandes interprétés appelés batch.

Certains reprochent à MS-DOS son simplisme et son manque de puissance face à un système de type Unix. Toutefois, la seule différence vraiment significative est que le DOS ne permet pas d'exécutions multitâches, ce qui le rend également moins lourd qu'UNIX (cela n'a plus la moindre importance sur les machines actuelles, mais en avait en 1985). Comme les autres systèmes d'exploitation mono-utilisateur de l'époque, DOS n'est pas protégé des programmes qui peuvent alors mettre sa stabilité en péril : la responsabilité du développeur d'application est donc importante.

De plus, la gestion des pilotes de périphérique n'étant pas du ressort du DOS, chaque application doit fournir les siennes pour tous les périphériques qu'elle supporte. Cela conduit d'une part à des duplications d'effort entre éditeurs d'application, d'autre part à la gestion d'une pléthore de disquettes de drivers pour les utilisateurs (une ou plusieurs par application). Cette complexité qui croît géométriquement à mesure que se multiplient et les périphériques et les applications constitueront plus tard une motivation importante à migrer vers Windows. 
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